Dijon est souvent associée à la moutarde, aux vins de Bourgogne et à son patrimoine historique. Mais la capitale bourguignonne possède aussi un tissu économique dense, composé de groupes industriels, de sociétés innovantes et d’entreprises familiales qui travaillent bien au-delà des frontières régionales.
Dans l’agroalimentaire, la santé, les biotechnologies ou les services numériques, plusieurs entreprises installées à Dijon et dans sa métropole participent directement au rayonnement du territoire. Certaines sont connues du grand public. D’autres évoluent dans des secteurs plus spécialisés, mais jouent un rôle tout aussi important pour l’emploi, la recherche et l’attractivité locale.
Voici cinq entreprises qui illustrent cette diversité et qui contribuent, chacune à leur manière, à faire parler de Dijon en France et à l’étranger.
Urgo : un groupe dijonnais devenu une référence dans la santé
Difficile de parler des entreprises emblématiques de Dijon sans évoquer Urgo. Le groupe est historiquement implanté en Bourgogne et dispose notamment de sites à Chenôve, dans la métropole dijonnaise. Ses produits sont présents dans de nombreuses pharmacies et dans les établissements de santé, en France comme à l’international.
Urgo s’est développé autour de deux grandes activités : les produits de santé grand public et les solutions destinées aux professionnels de santé. Pansements, soins des plaies, dispositifs médicaux et produits spécialisés composent une gamme qui dépasse largement le simple pansement du quotidien.
Le groupe est également connu pour ses travaux consacrés à la cicatrisation. Cette spécialisation l’a conduit à travailler sur des technologies destinées à améliorer la prise en charge des plaies, notamment les plaies chroniques. Un enjeu important alors que le vieillissement de la population et certaines maladies, comme le diabète, rendent ces soins de plus en plus nécessaires.
L’entreprise représente un exemple intéressant de réussite industrielle régionale. Son ancrage dijonnais ne l’empêche pas d’avoir une activité internationale. Au contraire, la présence locale s’appuie sur des compétences dans la recherche, la production, la qualité et la réglementation des dispositifs médicaux.
Pour Dijon, les retombées sont multiples :
- des emplois dans la recherche, l’industrie, la qualité et les fonctions administratives ;
- des collaborations avec des professionnels de santé et des établissements hospitaliers ;
- une visibilité internationale dans le domaine des dispositifs médicaux ;
- une contribution à l’image de la Bourgogne comme territoire industriel et scientifique.
Urgo rappelle aussi qu’une entreprise dijonnaise peut se développer sur des marchés très spécialisés tout en conservant une présence forte sur son territoire d’origine.
Eurogerm : la technologie au service du pain et de la boulangerie
À Saint-Apollinaire, dans la métropole de Dijon, Eurogerm travaille dans un secteur que les consommateurs connaissent parfois mal : les ingrédients et solutions pour la filière céréalière et la boulangerie.
L’entreprise accompagne les industriels de la meunerie, de la boulangerie et de la viennoiserie. Ses équipes développent notamment des solutions destinées à améliorer la qualité, la conservation, la texture ou encore la régularité des produits finis. Derrière une baguette, un pain de mie ou une viennoiserie, il existe souvent tout un travail de formulation et de mise au point.
Cette activité demande des compétences en recherche, en microbiologie, en nutrition, en technologie alimentaire et en production industrielle. Eurogerm intervient donc bien au-delà de la simple fourniture d’ingrédients. L’entreprise accompagne ses clients dans l’évolution des recettes et dans l’adaptation aux nouvelles attentes des consommateurs.
Réduction du sel, recherche d’étiquettes plus simples, amélioration de la conservation, prise en compte des allergies ou développement de recettes plus riches en fibres : les sujets ne manquent pas pour les professionnels de la boulangerie. Les entreprises comme Eurogerm doivent répondre à ces demandes tout en conservant le goût et la qualité attendus par les consommateurs.
Son implantation dijonnaise est un atout dans une région où les céréales, la meunerie et l’agroalimentaire occupent une place importante. La Bourgogne-Franche-Comté dispose également d’un réseau de formations et de laboratoires qui peut favoriser les échanges entre recherche et industrie.
Eurogerm contribue ainsi à un pan discret mais stratégique de l’économie locale. Le consommateur ne voit pas forcément le nom de l’entreprise sur l’emballage, mais ses solutions peuvent se retrouver dans des produits fabriqués et vendus dans de nombreux pays.
Cette dimension internationale s’ajoute à un ancrage régional très concret : emplois qualifiés, activité industrielle et liens avec les filières agricoles. Une manière de rappeler que l’économie dijonnaise ne se limite pas aux produits finis vendus sous une marque connue.
Mulot & Petitjean : une maison familiale qui porte le pain d’épices au-delà de Dijon
Le pain d’épices fait partie des spécialités les plus associées à Dijon. Parmi les maisons qui ont contribué à sa notoriété, Mulot & Petitjean occupe une place particulière. Fondée au XIXe siècle, l’entreprise familiale perpétue une tradition liée à la fabrication de pains d’épices et de produits de biscuiterie.
La maison possède une boutique emblématique dans le centre historique de Dijon, mais son activité ne se résume pas à la vente touristique. La production, la distribution et le développement de nouvelles recettes permettent à l’entreprise de faire connaître la spécialité bien au-delà de la Côte-d’Or.
Le pain d’épices dijonnais s’inscrit dans une histoire ancienne. Il est associé à un savoir-faire, à des ingrédients spécifiques et à une identité régionale forte. Pour une entreprise comme Mulot & Petitjean, l’enjeu consiste à préserver cette identité tout en répondant aux habitudes actuelles : formats individuels, coffrets cadeaux, recettes saisonnières et produits adaptés aux différents moments de consommation.
Les visiteurs de Dijon découvrent souvent la marque à l’occasion d’une promenade dans le centre-ville. Une boîte de pain d’épices ou quelques nonnettes deviennent alors un souvenir gourmand de Bourgogne. Mais l’entreprise travaille aussi avec des revendeurs et des réseaux de distribution qui permettent à ses produits de voyager.
Son rôle dans l’économie locale dépasse donc la seule fabrication. La maison participe :
- à la valorisation du patrimoine gastronomique dijonnais ;
- à l’animation commerciale du centre-ville ;
- au maintien d’un savoir-faire artisanal et familial ;
- à l’attractivité touristique de Dijon et de la Bourgogne ;
- à la diffusion d’une spécialité régionale auprès d’un public national.
Dans une période où les consommateurs recherchent davantage l’origine des produits et les histoires de marques, cet ancrage constitue un avantage. Ici, le patrimoine n’est pas figé dans un musée : il se déguste, s’offre et se renouvelle.
Oncodesign Services : Dijon au cœur de la recherche pharmaceutique
La métropole dijonnaise accueille également des entreprises de haute technologie dans le domaine de la santé. Oncodesign Services, issue de l’écosystème créé autour d’Oncodesign, accompagne des acteurs de l’industrie pharmaceutique et des biotechnologies dans la recherche et le développement de médicaments.
L’entreprise intervient notamment dans la découverte et la caractérisation de candidats médicaments. Ses équipes travaillent sur des modèles biologiques, des études précliniques et différentes étapes qui précèdent les essais chez l’être humain. Ces travaux sont essentiels pour évaluer l’efficacité et la sécurité de nouvelles molécules.
Le domaine est particulièrement exigeant. Il mobilise des chercheurs, des ingénieurs, des techniciens et des spécialistes capables de travailler sur des projets complexes, souvent menés pour le compte de laboratoires pharmaceutiques ou de sociétés de biotechnologie.
La présence d’une entreprise de ce type à Dijon contribue à renforcer la place de la ville dans le secteur des sciences de la vie. Elle favorise également les liens avec les universités, les laboratoires publics, les hôpitaux et les autres entreprises innovantes du territoire.
Pour le grand public, les recherches menées dans ces locaux restent souvent abstraites. Pourtant, elles peuvent participer aux premières étapes de traitements qui seront ensuite développés et évalués sur plusieurs années. Le médicament ne naît pas directement dans une boîte vendue en pharmacie : il passe par une longue chaîne de recherche, de tests et de contrôles.
Oncodesign Services illustre cette évolution de l’économie dijonnaise vers des activités à forte valeur ajoutée. La ville conserve une tradition industrielle, mais elle accueille aussi des métiers liés à la recherche biomédicale et aux technologies de pointe.
Cette spécialisation a des effets sur l’emploi local. Elle attire des profils scientifiques, encourage les coopérations avec les formations supérieures et contribue à la création d’un environnement favorable aux entreprises innovantes. Pour une métropole de taille intermédiaire, disposer de cette expertise constitue un véritable atout.
CPage : un acteur numérique bien implanté dans le monde de la santé
Autre entreprise moins connue du grand public, CPage développe des solutions numériques destinées principalement aux établissements de santé. Installée à Dijon, elle travaille sur des logiciels utilisés dans les hôpitaux et les structures médico-sociales.
Ces outils peuvent concerner la gestion administrative, le dossier patient, la facturation, la coordination des soins ou encore le suivi de l’activité hospitalière. Leur objectif est de faciliter le fonctionnement quotidien des établissements et de faire circuler les bonnes informations au bon moment.
La transformation numérique de la santé ne consiste pas uniquement à installer des ordinateurs dans les services. Elle suppose de sécuriser les données, de faire communiquer plusieurs applications et de proposer des interfaces adaptées aux professionnels. Un logiciel mal conçu peut compliquer le travail des équipes. À l’inverse, une solution bien pensée peut faire gagner du temps et limiter les erreurs.
C’est dans cet environnement que CPage intervient. L’entreprise évolue sur un marché soumis à de nombreuses exigences : protection des données personnelles, respect des règles de santé, continuité de service et adaptation aux besoins très différents des établissements.
Son activité montre que l’économie dijonnaise repose aussi sur des services numériques spécialisés. Ces entreprises ne produisent pas forcément un objet visible dans les magasins, mais leurs solutions sont utilisées au quotidien par des professionnels et peuvent concerner des milliers de patients.
Pour le territoire, les bénéfices sont là encore concrets :
- des emplois dans le développement logiciel, le conseil et l’assistance technique ;
- des compétences numériques mobilisées dans un secteur stratégique ;
- des liens avec les établissements de santé et les acteurs publics ;
- une capacité à exporter un savoir-faire dijonnais vers d’autres régions.
Des profils différents, une même contribution au territoire
Urgo, Eurogerm, Mulot & Petitjean, Oncodesign Services et CPage n’ont ni la même histoire, ni les mêmes métiers, ni les mêmes clients. Pourtant, ces cinq entreprises ont un point commun : elles associent un ancrage local à une activité qui dépasse largement Dijon.
Leur contribution à l’économie locale ne se mesure pas seulement au nombre d’emplois. Elle passe aussi par la formation, la recherche, les investissements, les sous-traitants, les commerces, les salons professionnels et les partenariats avec les acteurs publics ou universitaires.
Ces entreprises participent également à la diversification de l’économie dijonnaise. La gastronomie et le tourisme restent essentiels pour l’image de la ville, mais ils s’appuient sur un environnement plus large : industrie, santé, numérique, agroalimentaire et innovation.
Cette diversité est précieuse. Elle permet au territoire de ne pas dépendre d’un seul secteur et offre davantage d’opportunités aux salariés, aux étudiants et aux entrepreneurs. Elle contribue aussi à changer le regard porté sur Dijon. La capitale des ducs de Bourgogne est bien une destination touristique, mais c’est également une ville où l’on produit, où l’on cherche et où l’on innove.
La prochaine fois que vous dégusterez un pain d’épices, que vous achèterez un produit de santé ou que vous utiliserez un service hospitalier numérique, pensez-y : une partie du savoir-faire mobilisé peut venir de Dijon ou de sa métropole. Et ce n’est pas la moutarde qui dira le contraire.
